Rien n'est jamais inscrit dans le marbre

"Ne jamais oublier qu'il suffit d'une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des LGBTQIA+ soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Notre vie durant, nous devons demeurer vigilant."

Joséphine Baker

Une Marianne en bleu blanc Baker

Le premier buste de Marianne à l’effigie de Joséphine Baker,

a été dévoilé ce samedi à Fleury-Mérogis

À l’occasion du centenaire de son arrivée en France, la star du music-hall, résistante et militante antiraciste franco-américaine incarne la toute nouvelle Marianne de la République. Son buste a été installé dans la mairie de Fleury-Mérogis, ce samedi 18 janvier. 

"Quand je suis arrivée à Paris, je me suis trouvée devant des gens comme vous. J’étais alors heureuse de sentir tout de même, dans la rue, que je pouvais demander un taxi sans avoir la crainte qu’il refuse de me prendre. J’étais aussi heureuse de penser que si j’avais faim, je pouvais m’arrêter dans n’importe quel restaurant. Quand j’ai été malade, j’ai été si heureuse de penser qu’un médecin blanc et aussi une infirmière blanche n’avaient pas honte de me toucher. Ils ont lutté pour ma vie, ici, en France ; je vous suis reconnaissante. Vous m’avez sauvée. Ici, je savais que je serais sauvée, que je pourrais vivre pour une cause, et cette cause, c’est la fraternité humaine. Je suis venue. Personne ne me disait : "noire". Personne ne me disait : "négresse", mot qui me blessait terriblement. Et, tout à coup, petit à petit, toutes ces craintes sont parties. Je suis devenue femme avec confiance dans la vie, femme qui était élevée par la France, à laquelle je donne ma gratitude. J’ai été portée aux nues, je peux le dire."
Joséphine Baker

 

Depuis l’entrée de Joséphine Baker au Panthéon, Brian Baker-Bouillon, l’un des 12 enfants de la famille arc-en-ciel, se déplace plusieurs fois par mois pour inaugurer des rues, des groupes scolaires, des parcs ou des médiathèques qui portent désormais le nom de sa mère. En juin dernier, il avait baptisé une école à Fleury-Mérogis. Il y est revenu ce samedi pour dévoiler le premier buste de Marianne, à l’effigie de sa mère. La cérémonie s'est déroulée au gymnase Jacques Anquetil, proche de l’Hôtel de Ville, à l’occasion des vœux traditionnels, en présence de l’ambassadrice de Monaco à Paris.

 

L’initiative en revient au maire, Olivier Corzani, qui souhaitait commémorer, d’une manière aussi originale que symbolique, le centenaire de l’arrivée en France de la créatrice de "J’ai deux amours" ainsi que les 50 ans de sa disparition. Soucieux d’évoquer le futur en associant la jeunesse d’aujourd’hui à ce symbole du passé, mais aussi de soutenir l’émergence de nouveaux artistes, il a été décidé, sur une idée de Brian, de choisir le créateur de cette œuvre parmi les élèves de l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris.

 

Avec l’accord de son directeur, un concours interne s’est conclu par la sélection de cinq étudiants chargés de proposer des maquettes évoquant l’artiste, la résistante et la militante pour la défense des droits humains. Le choix du jury, composé de membres extérieurs à l’établissement, s’est porté sur Lucas Bouan Tsobgny, récemment diplômé. Brian Baker-Bouillon a donné son feu vert après quelques modestes recommandations sur des rectifications autour des traits du visage. La présence des médailles rappelant ses combats a été immédiatement actée, mais la question s’est posée sur la présence discrète d’une ceinture de bananes. La crainte des protestations sur les réseaux sociaux de certaines associations a été balayée d’un trait par le maire : pas question de renoncer à ce symbole associé à ses débuts de danseuse, qu’elle a porté pour la première fois aux Folies Bergère en avril 1926, dans un tableau de la revue "La Folie du Jour".

 

Le projet de cette Marianne avait été évoqué voici trois ans dans des bureaux du palais de l’Élysée, puis abandonné. L’initiative du maire de Fleury-Mérogis a fait tache d’huile puisque d’autres municipalités dans plusieurs villes de France sont en train d’étudier la possibilité de suivre le mouvement. En attendant, Brian Baker-Bouillon poursuit sa croisade familiale. Le 28 janvier, il assistera, à Paris, au défilé de haute couture de Stéphane Rolland, dédié à Joséphine, en présence de Brigitte Macron, puisqu’il se déroule au profit de l’opération Pièces Jaunes.

 

Au printemps, il se rendra à Lindt, en Autriche, puis à Amsterdam où des expositions hommage sont en préparation. Des voyages qui s’ajoutent à ceux qu’il a effectués l’an dernier en Allemagne. Il a ainsi découvert à Francfort un groupe scolaire destiné à 1200 élèves et à Berlin un parc, tous deux baptisés "Joséphine Baker".

 

Biopic international

Il suit aussi, avec le titre de conseiller, l’évolution de la production d’un biopic international de près de trois heures en préparation pour le cinéma. L’écriture du scénario a été beaucoup plus longue que prévu, mais elle vient de se terminer. Un casting, en présence de la réalisatrice, est en cours aux États-Unis afin de trouver l’interprète idéale.

 

Une série de huit heures est également envisagée, mais pour la télévision. Parmi les manifestations prévues cette année figure, en avril, l’inauguration d’un lycée à Sarlat. Un clin d’œil au château des Milandes qui accueille désormais plus de 200 000 visiteurs par an.

 

Le point d’orgue a été fixé au 2 octobre à Paris. Ce soir-là, mais aussi dans les jours qui suivent, le Théâtre des Champs-Élysées célébrera le centenaire d’une "Revue Nègre" désormais présente dans l’histoire, et pas seulement celle du spectacle.

Denise Glaser parle des enfants de Joséphine Baker :

 

Brigitte Bardot lance un appel pour sauver Joséphine Baker :

 

Réaction de Joséphine Baker à l’appel lancé par Brigitte Bardot :

 

Note : veuillez remplir les champs marqués d'un *.

L'artiste et figure de la Résistance Joséphine Baker

entrera au Panthéon le 30 novembre

L'entourage du président de la République a confirmé l'information du Parisien. 

La cérémonie honorant l’artiste franco-américaine aura lieu le 30 novembre.

 

La célèbre artiste de music-hall franco-américaine Joséphine Baker entrera au Panthéon le 30 novembre prochain, rapporte dimanche 22 août le site internet du Parisien. Une information confirmée par l’entourage d’Emmanuel Macron à l’Agence France-Presse (AFP). 

 

Selon le journal, le président français Emmanuel Macron a répondu favorablement fin juillet à un groupe de personnalités à l’origine d’une pétition en faveur de cette initiative.

 

La chanteuse, danseuse et figure de la Résistance et de la lutte antiraciste reposera dans la nécropole laïque du centre de Paris, ajoute le Parisien. Elle fut, déjà à l’époque, la première interprète métisse de music-hall à se faire une place dans la capitale parisienne.

 

Née en 1906 dans le Missouri, l’interprète de la chanson "J’ai deux amours" s’est éteinte en 1975 à Paris. Elle repose aujourd’hui à Monaco.

La crypte du Panthéon accueille les principales personnalités qui ont marqué l’histoire de France depuis la Révolution, de Voltaire et Rousseau à Simone Veil et Maurice Genevoix.

 

Si le fronton du bâtiment arbore "Aux grands hommes la patrie reconnaissante", un rapport du Centre des monuments nationaux avait recommandé en 2013 d’élargir les hommages aux femmes du XXe siècle s’étant illustrées par leur courage et leur engagement républicain.

 

Trente-huit mille signatures en 2019

Le dossier en faveur de l’interprète de la célèbre chanson J’ai deux amours avait été examiné une première fois à la fin de juin par l’Elysée. Une pétition lancée il y a deux ans par Laurent Kupferman, en faveur de la "panthéonisation" de l’artiste, née Freda Josephine McDonald, avait rassemblé 38 000 signatures.

 

"Artiste, première star internationale noire, muse des cubistes, résistante pendant la seconde guerre mondiale dans l’armée française, active aux côtés de Martin Luther King pour les droits civiques aux Etats-Unis d’Amérique et en France aux côtés de la Lica (la Ligue internationale contre l’antisémitisme, devenue Licra : Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) (…), nous pensons que Joséphine Baker, 1906-1975, a sa place au Panthéon", fait valoir le texte.

"Ambassadrice de la paix", Joséphine Baker s'est durant toute sa vie mobilisée pour combattre le racisme et défendre la liberté des peuples. Keystone-France/Gamma  

"Elle a aimé la France et la France l’a aimée en retour. Avec cette panthéonisation, on peut dire que cette histoire est maintenant éternelle", confie au Parisien l’un de ses fils adoptifs, Brian Bouillon-Baker.

 

Artiste, militante, espionne

De la misère qui l’a vue naître à Saint Louis, dans une Amérique où règne la ségrégation raciale, jusqu’à Paris où son talent et son travail l’ont élevée au rang de star internationale, Joséphine Baker livrera un combat permanent contre l’injustice et en faveur des libertés.

 

En 1926, pour lancer les Folies-Bergère, elle devient la tête d’affiche du spectacle La Folie du jour, une satire de la vision colonialiste du "bon sauvage". Dans son pays de naissance, elle s’opposera au Ku Klux Klan et s’impliquera en faveur des droits civiques des Afro-Américains, au côté de Martin Luther King. En Europe, face au nazisme, elle se lancera dans le contre-espionnage en devenant une agente française de renseignement, et recueillera la médaille de la Résistance au lendemain de la seconde guerre mondiale.

 

Le Panthéon est, depuis plus d’un siècle, la nécropole laïque des "grands hommes" français, dont la "patrie reconnaissante" veut honorer la mémoire.

 

Cet imposant édifice domine la montagne Sainte-Geneviève, l’une des buttes de Paris, dans le centre de la capitale.

 

Parmi les 80 "panthéonisés" figurent des politiques, des écrivains, des scientifiques, quelques religieux et beaucoup de militaires. Seules cinq femmes y sont actuellement inhumées, dont Simone Veil, la dernière personnalité en date à l’avoir été, en 2018.

 

Avec AFP

Note : veuillez remplir les champs marqués d'un *.

Joséphine Baker au Panthéon ?

Une pétition en ligne est lancée

Une pétition en ligne pour envoyer Joséphine Baker au Panthéon

Et si Joséphine Baker était la sixième femme Panthéonisée ? C'est le projet tout à fait sérieux porté par une pétition intitulée "Osez Joséphine" le 8 mai dernier. Un écrivain défend cette idée et met en avant le parcours exceptionnel de cette artiste de music-hall qui a vécu en Dordogne. 

"Osez Joséphine" : c'est le nom de la pétition en ligne qui demande la Pantéhonisation de Joséphine Baker (1906-1975). A l'origine de cette pétition, Laurent Kupfermanun un essayiste qui interpelle le Président de la République. Il met en avant le parcours exceptionnel de l'artiste. 

 

Une femme remarquable

Joséphine Baker est remarquable à plus d'un titre. Remarquable pour son talent d'artiste de music-hall dans les années 1920. La ceinture de bananes fait partie du folklore mais sa présence et sa voix de velours font le reste. Vincent Scotto lui offrira un écrin en 1931 avec la chanson "J'ai deux amours". Remarquable aussi pour son engagement aux cotés de la Résistance dès 1939. Elle est agent du contre-espionnage et fournit à Londres des éléments décisifs sur les positions allemandes cachées dans ses partitions. 

Remarquable également pour son combat contre la ségrégation raciale, elle l'enfant d'origine afro-américaine, amérindienne et espagnole mariée à 13 ans dans le Missouri. Elle sera aux côtés de Martin Luther King lorsqu'il lance "I have a dream". Exemplaire enfin quand, dans l'incapacité d'avoir des enfants, elle choisit d'adopter sa tribu arc-en-ciel : 12 enfants venus de tous les coins du globe qui grandiront au château des Milandes en Périgord.

 

Les enfants se disent contre

Les enfants se disent tous très touchés par ce projet, heureux si une plaque à l'effigie de cette maman d'exception était apposée au Panthéon. Mais tous aussi, souhaitent que son corps reste à Monaco, là où la princesse Grace l'accueillit lorsque la plupart l'avaient oubliée. 

Ils ont signé la pétition

De nombreuses personnalités du monde politique, artistes et journalistes ont soutenu la campagne “Osez Joséphine” : Brian Bouillon-Baker, Nicole Rochelle, Stéphane Bern, Nicoletta, Pierre Souchon, Alain Perea, Pierre-Yves Bournazel, Rachel Khan, Marie-Paule Belle, Angélique de St Exupéry, Jean-Marie Perier, Laurent Kupferman, Antoine Sire. 

 

Pour signer la pétition, cliquez ICI

Note : veuillez remplir les champs marqués d'un *.