Marine Le Pen condamnée
d'Orbán à Poutine, les grands démocrates se mobilisent
Condamnée pour détournement de fonds publics, Marine Le Pen a écopé d'une peine d'inéligibilité de cinq ans avec exécution immédiate, qui compromet sérieusement sa candidature à l'élection présidentielle de 2027.
Immédiatement, de Viktor Orbán au porte-parole de Vladimir Poutine, l'internationale réactionnaire s'est prise d'amour pour les valeurs démocratiques afin de soutenir la cheffe de file de l'extrême droite française.
"Je suis Marine !" Le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, était manifestement dans les starting-blocks ce lundi 31 mars, prêt à dégainer son tweet de soutien (en français dans le texte) à Marine Le Pen seulement quelques minutes après l'annonce de la peine infligée par le tribunal correctionnel de Paris à la cheffe de file du Rassemblement national (RN) dans l'affaire des assistants parlementaires qui travaillaient en réalité pour le parti.
Avec huit autres eurodéputés de sa formation entre 2004 et 2016, la figure de proue de l'extrême droite française a été reconnue coupable de détournement de fonds publics pour un préjudice total estimé par le tribunal à 2,9 millions d'euros. Dans ce cadre, Marine le Pen a été condamnée à quatre ans d'emprisonnement dont deux ans ferme aménagés sous bracelet électronique (ce qui signifie qu'elle n'ira pas en prison), et surtout à une peine d'inéligibilité de cinq ans avec exécution immédiate.
Derrière Viktor Orbán, c'est tout le ban et l'arrière-ban du lobby réactionnaire international qui lui a rapidement manifesté son soutien. Moscou y est ainsi allé de sa petite musique, avec le sens consommé de la provocation qui caractérise le régime de Vladimir Poutine. "Nous ne voulons pas nous ingérer dans les affaires intérieures de la France, nous ne l'avons jamais fait", a d'abord assuré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov (malgré les multiples campagnes de désinformation dont la France accuse la Russie), avant de compléter par cette remarque : "De plus en plus de capitales européennes empruntent la voie de la violation des normes démocratiques."
Salvini, Musk, Wilders…
En Italie, Matteo Salvini, chef de la Ligue (extrême droite) et vice-Premier ministre de Giorgia Meloni, s'est également fendu de son tweet en français en soutien à son "amie" : "Ceux qui craignent le jugement des électeurs cherchent souvent à se rassurer par celui des tribunaux. À Paris, ils ont condamné Marine Le Pen et aimeraient l’écarter de la vie politique. (…) Ce qui se passe contre Marine Le Pen est une déclaration de guerre de la part de Bruxelles, à un moment où les pulsions belliqueuses de Von der Leyen et Macron sont terrifiantes. Nous ne nous laissons pas intimider, nous ne nous arrêtons pas : en avant toute, mon amie !"
Aux États-Unis, Elon Musk, le bras droit (levé) de Donald Trump, ne dit pas autre chose dans un post complotiste publié sur son réseau social : "Quant la gauche radicale ne peut pas gager par le vote démocratique, elle abuse du système juridique pour emprisonner ses opposants." Et de prédire dans un autre message "un retour de bâton".
Marine Le Pen a reçu également le soutien du leader de l'extrême droite néerlandaise, Geert Wilders, qui, en anglais sur X, s'est dit "choqué par le verdict extrêmement sévère" : "Je la soutiens et je crois en elle à 100% et je suis persuadé qu'elle gagnera en appel et qu'elle deviendra présidente de la France." Comme le Fidesz de Viktor Orbán et la Ligue de Matteo Salvini, son parti est un allié du RN au Parlement européen, au sein du groupe Patriotes pour l'Europe, présidé par Jordan Bardella.
Bardella, Ciotti, Zemmour…
Ce dernier, aujourd'hui à la tête du RN et qui pourrait donc devenir son candidat pour l'élection présidentielle de 2027, avait aussi pu préparer sa réaction, qui a tenu en une phrase sur X : "Aujourd'hui, ce n'est pas seulement Marine Le Pen qui est injustement condamnée : c'est la démocratie française qui est exécutée." Allié de l'an dernier, l'ancien Républicain Éric Ciotti a fait mine de s'interroger sur X : "La France est-elle encore une démocratie ?" Avant de dénoncer, dans un autre tweet, "une cabale judiciaire indigne" et de déclarer : "J'adresse à Marine Le Pen tout mon soutien et lui témoigne mon amitié et ma confiance." Même son de cloche du côté d'Éric Zemmour, qui a tweeté : "Ce n'est pas aux juges de décider pour qui doit voter le peuple. Quels que soient nos désaccords, Marine Le Pen est légitime pour se présenter devant le suffrage."
Marine Le Pen peut encore bien évidemment faire appel de sa condamnation. Mais le tribunal a prononcé une exécution provisoire de sa peine complémentaire d'inéligibilité de cinq ans, c'est-à-dire que celle-ci prend effet même en cas d'appel. "Il s'agit de veiller à ce que les élus comme tous les justiciables ne bénéficient pas d'un régime de faveur", a déclaré la présidente du tribunal au cours du long exposé des motifs de sa décision. Le cas échéant, au vu des délais habituels d'audiencement, un procès en appel pourrait se tenir dans au moins un an, avec de nouveau trois mois avant le rendu d'une nouvelle décision, soit juste avant la présidentielle de 2027. En théorie, Marine Le Pen pourrait donc encore avoir une chance de s'y présenter, mais encore faut-il que le procès se tienne dans ces délais contraints et que sa peine d'inéligibilité y soit annulée. En cas de condamnation en appel, reste ensuite l'étape du pourvoi en cassation.
Avec AFP
White Lotus entre inceste, racisme, transphobie: trop loin ?
Découvrez comment la saison 3 de White Lotus, avec son mélange d’inceste, de racisme et de transphobie, a délaissé le burlesque des premières saisons pour un réalisme qui suscite malaise et controverse.
Depuis ses débuts, The White Lotus nous a habitué·e·x·s à un cocktail d’humour noir, de personnages richissimes (et ridicules), et de situations carrément improbables.
Les deux premières saisons, notamment, reposaient sur un burlesque assumé: on y voyait de drôles de combines, des tensions sexuelles tirées par les cheveux et un ton si outrancier qu’on finissait par en rire, même quand l’idée sur le papier n’était " pas ouf".
Las, la saison 3 semble avoir changé de cap, troquant la distance comique pour un réalisme plus cru. Résultat: inceste, racisme et transphobie émergent sans filtre burlesque, ce qui suscite de vives réactions. Rassurez-vous, on ne se transforme pas en grumpy gays (un brin rabat-joie) qui dénoncent tout et n’importe quoi: simplement, l’équilibre entre satire et malaise semble moins maîtrisé.
Où est passé le burlesque ?
Dans les saisons 1 et 2, le décalage était tel qu’on savait qu’il ne s’agissait pas d’une chronique du réel. Même l’abus de pouvoir (pas glorieux du tout !) du directeur d’hôtel passait pour un ressort comique — on pouvait dire "OK, c’est The White Lotus, c’est volontairement trop." Et puis, il y a eu l’inoubliable Jennifer Coolidge : son "Please, these gays… they’re trying to murder me !" est entré dans la légende, porté par un esprit d’auto-dérision qui faisait plaisir à voir.
Personne ne sortait la pancarte «attention stéréotype gay»: c’était si extrême que ça en devenait drôle, y compris pour nous, la team LGBTIQ+. Bref, pas de quoi se poser en «grumpy gays» (on le répète).
Saison 3 : inceste, racisme et transphobie… en mode (trop) réaliste
Cette fois-ci, The White Lotus nous sert donc un cocktail composé d’un discours exotisant sur la Thaïlande — entaché de racisme, de misogynie et de transphobie — et d’une intrigue incestueuse entre Lochlan (Sam Nivola) et Saxon (Patrick Schwarzenegger). Les personnages ne semblent plus exagérés à l’extrême: ils ressemblent à des gens "dans la vraie vie", ce qui rend ces clichés beaucoup plus dérangeants à l’écran.
"Lochlan est un people pleaser qui veut juste être aimé. Quand il regarde Saxon se masturber, ce n’est pas vraiment sexuel : c’est qu’il l’étudie, qu’il se demande comment l’imiter."
Il précise que Lochlan reste aussi paumé à la fin de la saison qu’au début, notamment sur sa sexualité. Idée intéressante, certes, sauf qu’on ne ressent plus la satire dont la série tirait jadis sa force. À la place, on assiste à un empilement d’éléments provocateurs (inceste, racisme, transphobie, misogynie) sans ce fameux recul humoristique.
Parker Posey, on en attendait plus
Il faut bien aborder le cas Parker Posey. Avouons-le, on plaçait de gros espoirs sur son potentiel "icône gay" (une succession possible à Jennifer Coolidge ?). Malheureusement, elle hérite d’un rôle trop proche de la dynamique qu’avait imposée Coolidge: un personnage un peu loufoque, mais moins marquant, qui nous laisse sur notre faim. Piper, noooo! (Oui, c’était gratuit, mais c’est le cri du cœur.)
Trop loin ou manque de distance ?
Alors, The White Lotus est-elle "allée trop loin"? Difficile à dire. Une chose est sûre : en troquant le burlesque assumé contre un semblant de réalisme, la série donne l’impression que tous ces clichés — inceste, racisme, transphobie — ne sont plus des caricatures à prendre au second degré, mais des visions qui s’invitent dans un univers un peu trop proche du nôtre.
On ne critique pas la série pour son côté sombre ou ses personnages détestables. Après tout, c’était déjà le cas. Mais on regrette la disparition du filtre humoristique, qui donnait un aspect "carte postale dystopique". Là, on reste parfois un peu hébété, se demandant si on est censé en rire ou si la production prend ces horreurs plutôt au sérieux.
Un faux-pas ou une mue volontaire ?
Personne n’a la réponse définitive. Peut-être que The White Lotus voulait choquer davantage, renouveler sa formule ou creuser un réalisme plus dérangeant. Libre à vous de trouver cette saison encore plus incisive… ou de juger qu’elle tombe dans le sensationnalisme.
Quoi qu’il en soit, la série reste un objet télévisuel intriguant, capable d’alterner entre éclats de génie satirique et ratés embarrassants. On ne demande qu’à retrouver cette folie désinvolte qui nous a tant fait rire, quitte à jouer (volontairement) la carte de l’excès. Parce que, sans ce burlesque, les thèmes tabous n’ont plus grand-chose pour adoucir leur impact – et c’est là que les ennuis commencent.
Repéré sur le site https://360.ch
Droits LGBT+
Trinité-et-Tobago réhabilite ses lois homophobes, annulées en 2018
La dépénalisation progressive de l’homosexualité à Trinité-et-Tobago (pays des Caraïbes) a subi un coup d’arrêt avec la décision, le 25 mars, de la Cour d’appel de rétablir des lois criminalisant les relations entre hommes.
Ce revirement judiciaire a poussé l’activiste Jason Jones à saisir le Conseil privé de Londres, plus haute instance juridique du pays.
Une première dépénalisation en 2018
En 2018, Jones, militant trinidadien basé au Royaume-Uni, avait obtenu de la Haute Cour une décision déclarant inconstitutionnelles les dispositions réprimant l’homosexualité masculine et les actes jugés contraires aux bonnes mœurs.
Ces lois avaient été considérées "nulles et sans effet" dans la mesure où elles criminalisaient les relations entre adultes consentants. Le gouvernement avait alors fait appel par l’intermédiaire de Faris Al Rawi, ancien procureur général.
La repénalisassions, une régression stupéfiante
Dans son arrêt rendu cette semaine, la Cour d’appel a estimé que seul le Parlement pouvait trancher sur une dépénalisation complète, et non la justice. Les juges Bereaux et Pemberton ont toutefois réduit les peines prévues pour les actes de sodomie et les infractions liées aux atteintes aux bonnes mœurs. La sodomie reste un crime, mais la sanction maximale passe de 25 à 5 ans de prison.
En 2025, l’homosexualité est criminalisée dans 66 pays
Ce virage rétrograde rappelle les fluctuations juridiques aux Bermudes, où le mariage pour toutes et tous a été légalisé puis interdit à plusieurs reprises, et dont le sort est désormais entre les mains de la Cour européenne des droits de l’Homme. Plus largement, après avoir chuté à 64, le nombre de pays pénalisant les relations entre personnes de même sexe est remonté à 66 en 2025, notamment après l’adoption d’un code pénal homophobe au Mali plus tôt cette année.
Repéré sur le site de https://www.stophomophobie.com
"Sale pédé, je vais te buter"
Un guet-apens homophobe en Martinique,
mais un verdict qui l’ignore
Lonny Féréol, un délinquant multirécidiviste de 28 ans, a été condamné lundi 24 mars à 13 ans de réclusion criminelle par la cour d’assises de Fort-de-France pour complicité de vol à main armée.
Pourtant, malgré des faits accablants, le jury n’a pas retenu la circonstance aggravante d’homophobie.
"Sale pédé, je vais te buter !"
L’affaire remonte à octobre 2020. Brice Armien-Boudré, co-président de l’association Kap Caraïbe, principale organisation LGBT+ de l’île, a été attaqué à Ducos par deux individus. L’agresseur principal, Mike Beuze, aujourd’hui décédé dans un accident de la circulation, l’avait frappé violemment avec le canon de son arme en le traitant de "sale pédé", lui causant la perte totale de son œil gauche.
Le ministère public avait requis 20 ans de réclusion contre Lonny Féréol, son complice, mais le verdict est bien en deçà de cette demande. Aussi, l’association Kap Caraïbe et son avocate, Maître Vaïté Corin, ont exprimé leur "profonde déception" face à l’absence de reconnaissance du caractère homophobe de l’attaque, rapporte le journal France-Antilles, dans son édition de la Martinique.
Un jury populaire martiniquais homophobe
Les propos de Féréol durant le procès avaient pourtant de quoi interpeller: "À sa façon de parler, j’ai vu que ce n’était pas quelqu’un comme nous", a-t-il déclaré, tout en reconnaissant que son comparse avait ciblé une victime "facile, qui ne se défende pas", indique nos confrères de Radio Caraïbes Internationale.
Puis feignant d’ignorer l’orientation sexuelle de Brice Armien-Boudré, qui est une personnalité notoirement connue en Martinique pour son engagement dans la lutte contre l’homophobie, il poursuit : "Si j’avais su plus tôt qu’il était gay, je ne serais jamais devenu ami avec lui". Prouvant au passage son homophobie.
Malgré cela, pour le jury populaire martiniquais, il n’y a pas d’homophobie, au risque de ne pas rendre totalement justice envers la victime et ses proches.
Une situation qui fait écho à des cas d’agressions similaires survenues en France hexagonale, où lors de l’instruction des dossiers, ce sont les juges qui ne reconnaissent pas la circonstance aggravante du racisme, même quand les faits sont étayés, comme l’a démontré la récente enquête de nos confrères du média Loopsider.
Un déni de justice pour les victimes d’homophobie en Outre-mer
Enfin, ce verdict rappelle d’autres affaires en Outre-mer où la justice n’a pas retenu la circonstance aggravante d’homophobie, malgré des éléments accablants. En Guyane en 2021, une agression à l’arme blanche avait été jugée sans cette qualification. En Guadeloupe, en 2019, un homme ayant porté 33 coups de couteau à une victime en raison de son orientation sexuelle n’avait été condamné qu’à 7 ans de prison en correctionnel.
Une peccadille au regard des traumatismes psychologiques de la victime.
Repéré sur le site https://www.stophomophobie.com
Hongrie
Mobilisation massive contre une loi
restreignant la Pride et le droit de réunion
Des milliers de personnes ont manifesté à Budapest pour dénoncer une loi récemment adoptée par le parlement, qui interdit de facto la Marche des fiertés et restreint sévèrement le droit de réunion.
Elles exhortent le président hongrois à ne pas promulguer ce texte controversé.
Portée par la majorité du Fidesz, le parti de Viktor Orbán, cette loi interdit les rassemblements contrevenant aux règles sur la "protection de l’enfance", notamment toute "représentation ou promotion" de l’homosexualité auprès des mineurs.
Le vote s’est déroulé dans un climat de forte tension : des députés de l’opposition ont protesté en brandissant des fumigènes et en diffusant l’hymne soviétique. Le Fidesz a précipité l’adoption de cette loi avant même de modifier la Constitution pour la justifier.
Les participants à des événements interdits encourent des amendes pouvant atteindre 200 000 forints (environ 500 euros), tandis que les autorités peuvent désormais recourir à la reconnaissance faciale pour les identifier.
Pour les organisateurs de la Budapest Pride, cette loi n’a aucun fondement légitime et relève d’une dérive autoritaire. Malgré les restrictions, la marche du 28 juin, qui marquera son 30ᵉ anniversaire, est maintenue. Le maire de Budapest, Gergely Karácsony, a réaffirmé son soutien, rappelant que la capitale doit rester un espace de liberté.
Cette loi suscite de vives inquiétudes quant aux atteintes aux libertés fondamentales et aux droits des minorités en Hongrie, où le gouvernement est régulièrement accusé de renforcer son emprise sur la société.
Repéré sur le site https://www.stophomophobie.com
Kenya
7,8 milliards de dollars…
Voilà ce que pourrait leur coûter une loi anti-LGBT +
Ce projet de loi dit de Protection de la famille, qui devrait être examiné cette année par le parlement kényan, prévoit des peines pouvant aller jusqu’à 50 ans de prison pour des relations homosexuelles.
Et si le Kenya souffrait énormément de ces lois anti-LGBT + ?
L’ONG caritative britannique Open for business estime ce mercredi que le pays d’Afrique de l’Est perdrait jusqu’à 7,8 milliards de dollars par an s’il passait une nouvelle loi anti-LGBT + en raison notamment des pertes de financements internationaux.
Ce projet de loi, dit de Protection de la famille, prévoit des peines pouvant aller jusqu’à 50 ans de prison pour des relations homosexuelles. Déposé en 2023, mais non débattu jusqu’ici, il pourrait être examiné cette année au parlement kényan, selon Open for business. Les relations homosexuelles sont déjà un crime au Kenya en vertu d’une loi datant de l’époque coloniale, mais rarement appliquée. Le pays est un refuge relatif pour les personnes LGBT + des États voisins.
L’Ouganda et la Tanzanie touchés par le même phénomène
Stigmatisation et discrimination restent en effet importantes, "la rhétorique homophobe s’étant intensifiée" ces dernières années, sous l’impulsion de chefs religieux et de politiciens populistes, souligne Open for business dans un rapport sur le coût économique de la discrimination des personnes LGBT + en Afrique de l’Est. Si elle était votée, la loi de Protection de la famille pourrait coûter au Kenya de 2,7 à 7,8 milliards de dollars par an, estime-t-elle.
Le calcul qu’Open for business additionne notamment la perte de financements de la Banque mondiale, la diminution de l’aide et de financements étrangers, l’impact sur le tourisme ou encore la fuite du pays des personnes LGBT +. "Les lois anti-LGBTQ + nuisent aux perspectives d’investissement d’un pays, à sa réputation mondiale et empêchent les entreprises d’attirer les meilleurs talents mondiaux", souligne Dominic Arnall, président d’Open for Business.
Selon son organisation, la discrimination contre les personnes LGBT + coûte chaque année au moins 5 milliards de dollars aux pays d’Afrique de l’Est, dont entre 360 millions et 1,5 milliard de dollars au seul Kenya avant même l’éventuel vote de cette loi.
La Banque mondiale avait gelé ses prêts à l’Ouganda après l’adoption, en 2023, de sa loi contre l’homosexualité, l’une des plus sévères au monde, qui prévoit des peines allant de l’emprisonnement à vie pour les relations consensuelles entre personnes du même sexe à la peine de mort pour "homosexualité aggravée", notamment en cas de récidive.
Du fait de cette loi, l’Ouganda perd chaque année entre 586 millions et 2,4 milliards de dollars, estime Open for Business. La Tanzanie voisine perd, elle, entre 247 millions et 1,1 milliard de dollars par an, contre 12 à 45 millions de dollars pour le Rwanda, bien moins discriminant sur les questions LGBT +, selon l’ONG.
Avec AFP
Préciser son sexe de naissance
Paris modifie légèrement les consignes aux Français
se rendant aux États-Unis
les États-Unis ne reconnaissent plus que "deux sexes, masculins et féminins". La mention de son sexe de naissance est désormais obligatoire pour voyager aux USA.
Un autre effet Trump pour les voyageurs hexagonaux. La France a modifié légèrement ses conseils aux voyageurs qui souhaitent se rendre aux États-Unis, attirant l'attention sur le fait qu'au moment de leur demande de visa ou d'Esta, ils avaient désormais l'obligation de préciser leur sexe à la naissance.
Le ministère des Affaires étrangères, dont les nouvelles recommandations ont été publiées dans la nuit de lundi à mardi 25 mars, ne mentionne pas explicitement, comme l'a fait récemment le Danemark, que des ressortissants transgenres risquent de se voir refouler s'ils disposent d'une mention de genre X sur leur passeport ou s'ils ont changé de sexe.
Mais il souligne qu'"il est vivement recommandé de consulter régulièrement le site de l'ambassade des États-Unis en France et de contacter la compagnie aérienne afin de vérifier les éventuels changements ou nouvelles mesures adoptées".
Sexe de naissance
"En particulier, pour les nouvelles demandes de visas ou d'Esta, il convient de relever qu'une rubrique a été ajoutée qui requiert, en vertu du décret présidentiel (américain, ndlr) du 20 janvier 2025, d'indiquer le sexe à la naissance", explique le ministère.
Dans son discours d'investiture, Donald Trump avait affirmé que les États-Unis ne reconnaîtraient plus que "deux sexes, masculin et féminin" définis à la naissance, ce qui supprimerait le genre "X", pour les personnes se reconnaissant comme non binaires. Le ministère n'a pas eu connaissance à ce stade de Français récemment refoulés à la frontière américaine pour des questions de genre.
D'autres pays, comme le Royaume-Uni et l'Allemagne ont également appelé leurs ressortissants à redoubler de vigilance concernant leurs documents de voyage.
Avec AFP
Autriche
15 néonazis arrêtés pour des guet-apens homophobes
La police autrichienne a annoncé, ce vendredi 21 mars, le démantèlement d’un groupe de néonazis accusé d’avoir tendu des guet-apens à des hommes homosexuels.
Au moins 17 agressions ont été recensées, dont une tentative de meurtre.
L’opération, qui a mobilisé près de 400 policiers, a conduit à l’arrestation de quinze individus. Les suspects utilisaient de faux profils sur des applications de rencontres pour piéger leurs victimes, avant de les rouer de coups. Ils filmaient ensuite ces actes de violence et partageaient les vidéos dans des cercles privés. Se faisant appeler "Pedo Hunters", ils prétendaient lutter contre la pédocriminalité, bien que leurs cibles soient exclusivement des homosexuels.
Lors de perquisitions menées dans plusieurs régions, les enquêteurs ont saisi des armes ainsi que du matériel à connotation néonazie, rapporte Der Standard. Persuadée que d’autres victimes pourraient encore se manifester, la police les encourage à témoigner.
Ce mode opératoire rappelle les agressions homophobes observées en Russie et en Biélorussie ces dernières années, notamment après l’adoption de lois répressives contre la prétendue "propagande" homosexuelle. Des groupes organisés, tel que le réseau homophobe Occupy Pedophilia, y ont utilisé des stratagèmes similaires pour piéger et brutaliser des personnes LGBT+.
L’enquête se poursuit afin d’établir d’éventuelles complicités et d’identifier d’autres faits liés à cette affaire.
Repéré sur le site https://www.stophomophobie.com
États-Unis
Donald Trump exige que les Caraïbes reprennent 500 000
ressortissants en 30 jours, une menace pour les personnes
séropositives et LGBT+
Donald Trump a signé une ordonnance révoquant le statut de résident de près de 500 000 ressortissants des Caraïbes entrés aux États-Unis depuis 2023 grâce au programme Biden, qui leur accordait une autorisation de travail de deux ans sous conditions.
La mesure prendra effet le mardi 25 mars, laissant aux personnes concernées seulement 30 jours pour quitter le pays.
Une mesure soudaine et inédite
C’est une annonce choc qui est en train de bouleverser de nombreuses vies de personnes haïtiennes, cubaines, nicaraguayennes et vénézuéliennes qui recherchent dès maintenant un nouvel havre de paix, alors qu’ils venaient à peine de commencer à s’adapter et à s’intégrer à la société américaine.
Un retour à l’homophobie et à la disette dans les Caraïbes
Parmi elles, de nombreuses personnes LGBT+ ou de personnes vivant avec le VIH qui s’interrogent, alors que la violence la famine et l’homophobie font rage en Haïti. Selon le Programme Alimentaire Mondial (PAM), 5,4 millions d’haïtiens soit 45% de la population souffrait de la "faim aigüe" en 2024, tandis que l’Organisation Internationale des Migrations parle "d’1 million de déplacés" à l’intérieur du pays en ce début d’année.
À Cuba, où Donald Trump a récemment durci les sanctions américaines, il faut compter des heures pour se procurer une simple bouteille d’huile, en contexte de disette, en sus de la nature répressive du régime qui ne permet pas une expression libre des cultures LGBT+ sur place, à l’instar du Mouvement San Isidro, bâillonné en 2020.
Un retour aux pénuries d’antirétroviraux
Combiné aux effets de la suspension de l’aide internationale américaine à l’étranger et au démantèlement d’USAID (agence américaine de développement), les personnes séropositives visées par les mesures de retour coercitifs craignent de ne trouver dans leurs pays d’origine les traitements idoines et d’être condamnées à mourir faute de soins, alors que les attaques contre les soignants sont déjà légions dans les États de la région.
Au Vénézuéla, la pénurie d’antirétroviraux est criante depuis 2017 et les personnels de santé qualifiés ont depuis déserté le pays, bien que le Haut-Commissariat aux Réfugiés précise avec une lueur d’espoir que certains pays comme "le Pérou et le Mexique ont accordé un statut à des réfugiés vénézuéliens atteints du VIH/sida".
Des Caraïbes sommées d’absorber ce contre-choc migratoire
Les Caraïbes doivent s’attendre à faire face dans les prochains mois à une crise humanitaire d’ampleur, tant les crises internes s’aggravent et les soutiens extérieurs se raréfient. Quant à l’immigration qui était jadis une soupape d’amortissement des crises sociales, elle se tarit à mesure que les frontières se ferment et que les murs s’érigent. Dominique Rebel Saint-Vil de l’Organisation Trans d’Haïti basée à Port-au-Prince, la capitale, ajoute : "Je sais que les possibilités de quitter le pays sont inexistantes".
Les personnes LGBT+ immigrantes vivant aux États-Unis et contactées par nos équipes n’ont pas souhaité voir divulguer leurs témoignages pour cet article, par peur de représailles de la part de l’administration Trump, en raison du nouveau tour de vis migratoire.
Repéré sur le site https://www.stophomophobie.com
Conférence
Pénalisation de l’homosexualité
Vers une reconnaissance comme crime contre l’humanité ?
L’Association pour la dépénalisation universelle de l’homosexualité (ADUH), en partenariat avec STOP homophobie, organise le 10 avril 2025 à l’Université de Paris-Nanterre une troisième conférence consacrée à la pénalisation de l’homosexualité à travers le prisme du droit pénal international.
Cet événement a pour objectif d’examiner les enjeux juridiques liés à la persécution des personnes LGBT+ par des États qui criminalisent les relations homosexuelles, en abordant notamment les responsabilités légales et les moyens d’action à l’échelle internationale.
Si, selon le droit international, l’amour n’est pas un crime, les actes de persécution systématiques commis par certains gouvernements contre les personnes LGBT+ pourraient, eux, être considérés comme des crimes contre l’humanité. À travers des témoignages poignants de victimes originaires d’Ouganda, du Cameroun et d’Afghanistan, la première partie de la conférence mettra en lumière les violences infligées aux communautés LGBT+ dans ces pays où l’homosexualité est pénalisée, parfois jusqu’à la peine de mort.
En seconde partie, l’accent sera mis sur les mécanismes juridiques permettant de poursuivre les responsables étatiques de ces persécutions.
Les intervenants se pencheront sur les conditions nécessaires pour qualifier la pénalisation de l’homosexualité de crime contre l’humanité, en se fondant sur les principes du Statut de Rome, qui régit la Cour Pénale Internationale (CPI). Des experts juridiques, dont Olivier de Frouville, professeur de droit à l’Université Paris II Assas, et Wendy Isaack, avocate spécialisée en droits humains, discuteront des possibilités de poursuivre les responsables devant les tribunaux internationaux et nationaux.
Un sujet particulièrement sensible sera également abordé : celui de la responsabilité des agents de l’État. Peut-on incriminer ceux qui votent et signent des lois homophobes, ou seulement ceux qui en assurent l’application sur le terrain ? Ce questionnement est d’autant plus pertinent à la lumière des récents développements, comme la demande de mandats d’arrêt émis par le procureur de la CPI en janvier 2025 concernant les persécutions des femmes et des personnes LGBT+ en Afghanistan.
Enfin, des experts en droit international et en justice transitionnelle s’intéresseront aux voies légales permettant de saisir la CPI ou les juridictions nationales. Ils analyseront la question de la reconnaissance de l’orientation sexuelle comme un critère de persécution, et discuteront des possibilités de justice pour les victimes de persécutions LGBT+ dans des contextes de transition post-conflit, comme cela a été le cas en Colombie.
La conférence, ouverte au public et gratuite sur inscription, promet de poser des bases solides pour engager un débat sur la responsabilisation des États et des individus impliqués dans des persécutions LGBTphobes, dans l’espoir de faire progresser la lutte contre la criminalisation de l’homosexualité au niveau mondial.
Lieu : Université de Paris-Nanterre, le 10 avril 2025, de 17h à 20h. Langue : Français et anglais.
Les 65 pays où l’homosexualité est criminalisée sont : Algérie, Burundi, Cameroun, Tchad, Comores, Égypte, Érythrée, Eswatini, Éthiopie, Gambie, Ghana, Guinée, Kenya, Liberia, Libye, Malawi, Mali, Mauritanie, Maroc, Nigeria, Sénégal, Sierra Leone, Somalie, Soudan du Sud, Soudan, Tanzanie, Togo, Tunisie, Ouganda, Zambie, Zimbabwe, Afghanistan, Bangladesh, Brunei, Indonésie (provinces d’Aceh et de Sumatra du Sud, ainsi que quatre villes d’autres provinces), Iran, Irak, Koweït, Liban, Malaisie, Maldives, Myanmar, Oman, Pakistan, Palestine (bande de Gaza uniquement), Qatar, Arabie saoudite, Sri Lanka, Syrie, Turkménistan, Émirats arabes unis, Ouzbékistan, Yémen, Grenade, Guyana, Jamaïque, Sainte-Lucie, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Kiribati, Niue, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Samoa, Îles Salomon, Tonga et Tuvalu.
Repéré sur le site https://www.stophomophobie.com
Jean-Marc Morandini condamné en appel
à deux ans de prison avec sursis pour corruption de mineurs
L’animateur de CNews voit sa peine de prison aggravée en deuxième instance ce vendredi. Il a l’interdiction définitive d’exercer une profession en contact avec des mineurs et se voit inscrit au fichier des auteurs d’infractions sexuelles. Jean-Marc Morandini va se pourvoir en cassation.
Jean-Marc Morandini à nouveau condamné
La figure de la télévision, soupçonnée de faits de corruption de mineurs commis sur trois adolescents entre 2009 et 2016, voir sa peine en appel aggravée à deux ans de prison avec sursis ce vendredi. L’animateur de CNews avait fait appel de sa peine d’un an de prison avec sursis prononcée en 2022 en première instance.
Ce vendredi, le tribunal le condamne également à 20 000 euros d’amende. La cour d’appel de Paris a en outre prononcé contre lui une interdiction définitive d’exercer une profession en contact avec des mineurs et confirmé son inscription au fichier des auteurs d’infractions sexuelles.
L’animateur, qui apparaît quotidiennement à l’antenne dans l’émission "Morandini Live" sur CNews, chaîne du groupe Bolloré, n’était pas présent lors du délibéré.
Dans un communiqué, Jean-Marc Morandini a dit "(prendre) acte de la décision". L’animateur, qui "s’interroge sur la sévérité dont il est l’objet", a également annoncé qu’il allait "se pourvoir en cassation", dernier recours judiciaire possible.
Des messages et photos à caractère sexuel
Jean-Marc Morandini était soupçonné d’avoir envoyé des messages à deux adolescents de 15 ans, en 2013 et en 2015-2016, qui consistaient pour l’un à évoquer des scénarios sexuels et, pour le second, à lui demander d’envoyer une photo de lui dénudé.
L’animateur de 59 ans avait aussi demandé en 2009 à un garçon de 16 ans de se dénuder et de se masturber lors d’une audition pour le remake d’un film qui n’a jamais vu le jour.
Après l’énoncé de la décision de la cour d’appel, l’avocat de l’une des parties civiles, Me Anthony Mottais, a souligné l’aggravation de la peine par rapport à la première instance et évoqué le "soulagement" de la reconnaissance par la justice du fait que Jean-Marc Morandini a "fait du mal à des mineurs".
"Quand on a suivi le procès, on sait aussi que son aura médiatique a été le moyen d’alpaguer et d’attirer ces mineurs", "ce qui est dommage, c’est que ce moyen lui soit aujourd’hui toujours laissé", a-t-il ajouté.
"La Voix de l’enfant s’interroge sur la présence de M. Morandini, qui devient une insulte pour les victimes", a déclaré la présidente de l’association, Martine Brousse. "Quels signes envoyons-nous aux victimes ? Quels signes envoyons-nous à notre société pour protéger les enfants ?", s’est-elle interrogée. "Donc aujourd’hui, nous, ce que nous demandons, c’est que M. Morandini n’apparaisse plus sur les chaînes de télévision", a-t-elle ajouté.
Déjà reconnu coupable de harcèlement sexuel
Il s’agit d’une nouvelle peine de prison prononcée contre cette figure du paysage audiovisuel français. Fin janvier, il avait été reconnu coupable en appel de harcèlement sexuel à l’encontre d’un jeune comédien et condamné à 18 mois de prison avec sursis, aggravant de six mois la peine prononcée en première instance. Ses avocates avaient annoncé qu’elles allaient se pourvoir en cassation.
Dans ce dossier, il était poursuivi pour avoir encouragé entre juin et septembre 2015 des comédiens, âgés de 19 à 26 ans au moment des faits, à s’exhiber nus pour les castings d’une websérie intitulée "Les Faucons", dont il était le producteur. Il a aussi été reconnu coupable de travail dissimulé concernant quatre comédiens.
Repéré sur le site https://www.leparisien.fr
Murder Music : quand la haine homophobe se monétise,
la polémique BabyDrill et Admiral T
Des paroles explicitement homophobes, un rappeur pris pour cible et une industrie qui en tire profit : alors que Scared of the P*ssy de BabyDrill accumule les écoutes, la normalisation de la murder music inquiète la communauté LGBTQIA+.
En France, une autre affaire refait surface avec Gwadada d’Admiral T, que l’association STOP homophobie entend faire interdire.
Un succès construit sur la controverse
En huit semaines, le morceau de BabyDrill, affilié aux 4L, a dépassé les 2 millions de vues sur YouTube et figure parmi les titres les plus écoutés sur Spotify et Shazam. Sur TikTok, des milliers d’utilisateurs dansent sur ce son, souvent sans réaliser qu’il s’attaque directement au rappeur 24LeftEye, victime d’un harcèlement massif.
Le 31 décembre, après la diffusion d’une sextape révélant son orientation sexuelle, 24LeftEye a tenté de mettre fin à ses jours. Son propre gang, les 5L Bloods, l’a renié. Pendant ce temps, BabyDrill a vu sa notoriété grimper, porté par la viralité de son morceau et l’adhésion d’une partie de son public.
Le refrain très cru contient des paroles explicitement homophobes, dont voici une traduction :
"À vrai dire, cette garce est un pédé
C’est une salope de négro avec un Glock, il a mis des godes dans son cul (oh, il a peur de la chatte)
Il préfère coucher avec une trans (oh, il a peur de la chatte)
Putain, j’ai l’air d’être en train de me mesurer à un bandit du cul ?
(Putain ?)"
Certains passages encouragent même au suicide :
"J’allais tuer cette garce, mais je vais la laisser se suicider (merde)"
L’industrie musicale, complice silencieuse ?
Alors que certaines plateformes retirent les contenus incitant à la haine, Spotify et Shazam continuent de diffuser Scared of the P*ssy, lui assurant une visibilité et des revenus.
Une situation qui rappelle un autre scandale en France : Gwadada d’Admiral T, dont le nom d’état-civil, Christy Campbell, a même été donné à une école entre-temps, est dénoncé depuis des années pour ses paroles homophobes, assimilant l’homosexualité à des fléaux sociaux tels que le chômage ou la criminalité.
"En Guadeloupe, maintenant il y a beaucoup de pédés
Plein de jeunes sont pédés
Parce qu’il y a de l’argent à se faire dans la prostitution masculine"
STOP homophobie exige le retrait de Gwadada
L’association, représentée par son avocat, a saisi la SACEM pour demander le retrait du morceau de son répertoire en ligne. Elle dénonce des paroles stigmatisantes et envisage des poursuites pour complicité d’injure homophobe si aucune mesure n’est prise.
En parallèle, une pétition lancée sur All-Out réclame qu’Universal Music Group retire Gwadada de son catalogue. Elle a déjà réuni plus de 10 500 signatures.
Un climat préoccupant
Alors que les agressions anti-LGBTQIA+ se multiplient, ces succès musicaux posent une question cruciale : jusqu’où l’industrie musicale peut-elle aller dans la diffusion de discours discriminatoires ?
Tant que rien ne change, la violence continue de s’écouter, se danser et se monétiser. Jusqu’à quand ?
Repéré sur https://www.stophomophobie.com
La Hongrie de Viktor Orbán
vote une loi d'interdiction de la Pride LGBT+
Leader européen de l'homophobie d'État, l'allié de Marine Le Pen et Jordan Bardella a encore trouvé le moyen de durcir la législation de la Hongrie, qui devient le seul pays membre de l'Union européenne à interdire la marche des Fiertés LGBT+.
"Je conseille aux organisateurs de la Gay Pride de ne pas prendre la peine de préparer le défilé de cette année : c'est une perte d'argent et de temps…"
Moins d'un mois après les menaces proférées par Viktor Orbán lors de son discours annuel sur l'état de la nation, le parti du Premier ministre hongrois a fait voter ce mardi 18 mars au Parlement un texte de loi visant à interdire purement et simplement toute marche des Fiertés LGBTQI+. Entretemps, le gouvernement avait prévenu que de tels défilés ne seraient "plus tolérés sous leur forme publique" actuelle.
La loi hongroise protégeant la liberté de réunion, le Fidesz de Viktor Orbán, parti allié du Rassemblement national au Parlement européen, avait déposé ce lundi un amendement qui interdit la tenue d'un rassemblement violant la législation LGBTphobe adoptée par le pays en 2021, celle qui prohibe la "promotion" de l'homosexualité ou de la transidentité auprès des mineurs. Selon la rhétorique chère au parti de Viktor Orbán, le document du Fidesz consulté par l'Agence France-Presse (AFP) explique qu'il s'agit de garantir que seuls les événements "respectant le droit des enfants à un développement physique, mental et moral correct peuvent avoir lieu".
La Pride de Budapest doit avoir lieu
En cas d'infraction, les organisateurs et participants s'exposeraient à une amende de 500 euros, somme "qui sera reversée aux fins de protection de l'enfance", précise encore le Fidesz, qui prévoit la possibilité pour la police d'identifier les contrevenants via des outils de reconnaissance faciale.
"Qu'est-ce que cela si ce n'est un pas de plus vers un régime de style russe, vers une dictature ?" avait réagi lundi sur Facebook László Sebián-Petrovszki, député du parti d'opposition Coalition démocratique (DK).
Refusant de se laisser intimider par les menaces de Viktor Orbán, les organisateurs de la Pride de Budapest avaient annoncé à têtu· le maintien de la parade prévue cette année le 28 juin. Dans la foulée, nous avions publié une tribune transpartisane signée par plus de 150 parlementaires et plus que jamais d'actualité : "L’Union européenne doit agir, et vite, pour stopper ces dérives. Jusqu’où laissera-t-on aller ces propagateurs de haine ?"
Avec AFP
IDAHOBIT
Pas de passage arc-en-ciel à Épernay pour des raisons de "sécurité"
À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre la LGBT+phobie, le 17 mai 2025, l’association Couleur Champenoise avait proposé de créer un passage piéton aux couleurs de l’arc-en-ciel à Épernay, un geste symbolique de soutien à la communauté LGBT+.
Cependant, le 3 mars dernier, la municipalité a rejeté cette proposition, invoquant des "contraintes techniques" et des impératifs de "sécurité routière".
Des symboles déjà présents ailleurs en France et en Europe
Ces passages existent dans plusieurs villes françaises, telles que Paris, Lyon, ou même dans la commune des Bizots en Bourgogne. Cependant, leur installation soulève en effet encore des débats, notamment en raison prétendument des normes de signalisation routière qui imposent des marquages blancs standard pour garantir la sécurité des piétons.
Mais, pour répondre à ces enjeux, certaines municipalités ont déjà trouvé des solutions, comme peindre l’arc-en-ciel autour des bandes blanches ou sur les trottoirs adjacents. Bruxelles, par exemple, a ainsi pérennisé six passages arc-en-ciel dans le quartier Saint-Jacques depuis 2018, rencontrant un accueil favorable de la part des citoyens. De plus, les peintures utilisées sont conformes aux normes antidérapantes des infrastructures routières, assurant la totale sécurité des usagers.
Crainte de vandalisation
D’après certaines sources, la municipalité d’Épernay pourrait avoir refusé l’initiative par crainte d’une possible vandalisation du passage, en raison de la présence d’habitants hostiles à ce type de symbole. Ce refus pourrait également résulter de la volonté d’éviter un risque de "bad buzz" ou de se retrouver dans l’incapacité de réagir efficacement face à des actes de haine.
L’association persévère dans son engagement
Malgré cette décision, Couleur Champenoise ne se laisse pas décourager. Pour le 17 mai, elle organise une journée de sensibilisation, avec distribution de matériel de prévention et d’informations sur la santé sexuelle à l’entrée de la ville. Une demande d’autorisation est actuellement en cours auprès de la préfecture.
Un engagement continu pour la tolérance
Loin d’opposer la municipalité, Couleur Champenoise insiste toutefois sur son engagement commun pour la tolérance. En complément de cette journée de sensibilisation, l’association prépare une "Nocturne Pride" le 14 juin sur la place Mendès-France, un événement festif visant à renforcer la visibilité de la communauté LGBT+.
Repéré sur le site https://www.stophomophobie.com